HPI : quand l’intensité devient une tempête intérieure
- Pierre Paperon
- 3 janv.
- 3 min de lecture

Et comment la Gestalt peut transformer cette énergie sans l’éteindre
Être HPI, ce n’est pas seulement « penser plus vite ». C’est souvent vivre plus fort, plus dense, plus intensément.
Beaucoup de personnes à haut potentiel décrivent une vie intérieure foisonnante : des idées qui surgissent en rafale, des connexions permanentes, une grande créativité, une sensibilité aiguë aux détails, aux incohérences, aux émotions.
Mais cette richesse peut aussi devenir une tempête intérieure permanente.Le mental ne s’arrête jamais. Les émotions débordent.Le décalage avec un monde plus lent, plus procédural, plus normé crée frustration, ennui, voire souffrance.
En entreprise, ce décalage est souvent amplifié : le HPI peut sur-investir jusqu’à l’épuisement, ou se retirer, se désengager, perdre le sens. Burn-out, bore-out, conflits relationnels ou sentiment de solitude ne sont pas rares.
Pourquoi le HPI s’épuise-t-il si souvent ?
Parce que l’intensité n’est pas accompagnée.
Le HPI perçoit plus vite, plus large, plus profond. Mais il apprend rarement à réguler son rythme,à poser des limites relationnelles,à transformer l’énergie mentale en action ajustée.
Résultat :– trop de pensées, pas assez d’ancrage– trop d’idées, pas assez de mise en forme– trop d’adaptation, pas assez de respect de soi
Les approches thérapeutiques : que proposent-elles aux HPI ?
🧠 Les thérapies cognitives et comportementales (TCC)
Les TCC sont efficaces pour travailler sur des schémas de pensée, des comportements précis, des symptômes identifiés (anxiété, phobies, ruminations).
Pour certains HPI, elles apportent des outils utiles.Mais elles peuvent aussi renforcer une tendance déjà très présente : l’analyse, le contrôle, le mental.
Le risque : comprendre encore plus… sans forcément se transformer en profondeur.
🛋️ La psychanalyse
La psychanalyse offre un travail riche sur l’histoire, l’inconscient, les conflits internes.
Pour certains HPI, elle peut donner du sens.Mais d’autres s’y perdent : beaucoup de parole, peu d’expérimentation, un rythme parfois lent face à une pensée déjà rapide.
Le HPI comprend souvent très bien son histoire…sans toujours savoir comment vivre autrement aujourd’hui.
🌿 Les approches psycho-corporelles
Elles permettent un retour précieux au corps, souvent négligé chez les HPI.
Mais lorsqu’elles ne prennent pas en compte la dimension relationnelle et existentielle, elles peuvent rester partielles.
Ce que la Gestalt apporte spécifiquement aux HPI
La Gestalt ne cherche pas à réduire l’intensité du HPI.Elle ne cherche pas non plus à la survaloriser.
Mon travail en psychothérapie permet d'accompagner sur différents plans :
1. Une approche globale
La personne est un tout : pensées, émotions, corps, relations, environnement professionnel et personnel.
Chez les HPI, cela permet de relier ce qui est souvent dissocié :un mental très actifet un corps peu écouté.
2. Le travail sur l’ici et maintenant
Plutôt que de rester dans l’analyse infinie, mon approche Gestalt invite à observer : ce qui se passe maintenant, dans le corps, dans l’émotion, dans la relation au thérapeute.
Cela permet au HPI de sortir du commentaire permanent pour vivre une expérience nouvelle.
3. La régulation de l’intensité
En Gestalt, l’objectif n’est pas de calmer l’éclair. Mais de lui offrir un circuit, une voie de circulation de l'énergie.
Apprendre à sentir quand accélérer, quand ralentir, quand se retirer, quand s’engager.
Cette régulation est essentielle pour prévenir l’épuisement et retrouver du plaisir.
4. Le travail relationnel
Beaucoup de HPI souffrent dans leurs relations :sentiment d’incompréhension, conflits, isolement.
La relation thérapeutique devient alors un laboratoire vivant, où expérimenter d’autres façons d’être en lien sans se sur-adapter ni se couper.
En entreprise : un enjeu majeur
Accompagner un HPI en Gestalt, ce n’est pas seulement l’aider à aller mieux.C’est aussi lui permettre de :– poser des limites professionnelles claires– sortir du surinvestissement chronique– retrouver du sens dans son engagement– transformer sa créativité en contribution durable
Quand l’intensité est reconnue et ajustée, le HPI ne devient pas moins brillant. Il devient plus stable, plus présent, plus juste.
En conclusion
Être HPI, ce n’est pas être trop.C’est souvent être seul avec beaucoup.
La Gestalt offre cet espace essentiel où cette richesse peut être accueillie, régulée et transformée, sans être ni niée, ni enfermée dans une étiquette.
Quand l’éclair trouve un circuit, la lumière peut enfin durer.



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